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Le 27-03-2015 à 08:03

« Le monde est nourri à 90% par l’agriculture familiale »

Par Haya Diakité

La sécurité alimentaire est devenue un prétexte pour spolier des terres occupées par les paysans. Des multinationales agroalimentaires font pression sur les gouvernements mais la société civile résiste. En Afrique, Francis Ngang, secrétaire général de l’Inades-Formation (Réseau de Solidarité et d’accompagnement des initiatives de développement des populations défavorisées) milite pour la cause.

Quelle différence faites-vous entre l’agriculture intensive et l’agriculture paysanne ?

Tout d’abord l’agriculture avec un grand A, c’est tout simplement le travail et la culture de la terre dans le but de produire. Cette production peut être vivrière ou animale. L’agriculture paysanne, appelée aussi agriculture familiale, est définie en opposition à l’agriculture industrielle ou intensive. Pour les paysans l’objectif principal est de nourrir leur famille et la communauté avec un attachement à la terre plus encré. Elle est un moyen de subsistance dont on prend soin, contrairement à l’agriculture industrielle qui est axée sur le profit et la recherche de gains. Les industriels produisent pour générer des bénéfices et ne tiennent pas en compte des impacts sur l’environnement. C’est pourquoi je considère que ces deux modèles sont en concurrence.

Les modèles agricoles internationaux ont-ils investit le champ agricole paysan en Afrique ?

Sur les décisions prises à l’international pèse le lobbying des multinationales de l’agro-alimentaire. Ces mêmes multinationales exercent une une pression sur les gouvernements nationaux africains pour obtenir un cadre administratif et juridique favorable. C’est pourquoi les Etats :

  • facilitent l’accès à la terre aux multinationales,
  • privatisent le secteur des productions et des commercialisations des semences,
  • protègent l’ouverture aux exportations de matériels par et pour les entreprises privées.

Ces reformes sont encouragées par des organisations officielles telles que le G8 qui a lancé lors du dernier sommet en 2013 «La nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition ». Ce sont donc les lobbys qui ont une main mise sur le système mondial l’alimentaire.

La sécurité alimentaire est une préoccupation majeure : l’agriculture intensive n’est-elle pas la solution pour nourrir le monde ?

L’hypothèse que le monde ne peut pas se nourrir est fausse ! Il faut se rendre à l’évidence : la planète n’est pas nourrie par l’agriculture de mass ; le monde est nourri à 90% par l’agriculture familiale. Pire, ne prenant pas en compte la gestion des ressources, l’agriculture intensive pose une lourde hypothèque sur les générations futures. La sagesse voudrait donc que les politiques favorisent l’émergence de l’agriculture familiale au lieu de lui retirer les moyens.

Peut-on encore compter sur une politique locale agricole ?

Lors de la conférence de l’Union Africaine en 2003 à Maputo, la décision a été prise d’engager 10% des budgets nationaux au développement de l’agriculture locale, mais actuellement seulement cinq pays africains ont mis en place cet accord [ ndlr : Burkina-Faso, Niger, Guinée, Sénégal et Mali].

Ce que l’Afrique doit faire c’est réaffirmer sa souveraineté vis-à-vis des multinationales et être capable de produire ce qu’elle mange, car cette situation de colonialisme n’est pas durable.

Ce combat local peut-il s’exporter à l’international ?

Bien entendu, ce combat a même été reconnu à l’international. 2014 a été l’année de l’agriculture familiale pour la FAO (Food and Agriculture Organization). Beaucoup de manifestations et d’engagements ont été pris : il suffit maintenant de les mettre en œuvre. Ce combat nous concerne tous, Africains, Européens, Asiatiques… Les multinationales et la pression qu’elles exercent n’est bonne pour personne. Le scandale de la viande de cheval en Europe illustre bien les dérives d’un modèle qui vise à produire rapidement, au détriment des consommateurs.

Une des solutions est de contrôler ce que nous mangeons. Lorsque nous nous rendons faire nos courses au marché, prenons l’habitude de vérifier l’origine des produits : acheter c’est voter ! Votons pour l’agriculture familiale et remettons-la au cœur du système alimentaire mondial.

  

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