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Le 25-03-2015 à 17:03

« L’état de panique a vite été dépassé »

Par Assa Diarra

Une semaine après l’attentat du Bardo, le climat tendu et la peur n’ont pas entamé la détermination des organisateurs. Le FSM a lieu mais il doit faire face à des impératifs de sécurité. Entretien avec Alaa Talbi, militant tunisien pour les droits humains, membre du comité d’organisation du forum.

La tenue du Forum social mondial a-t-elle été menacée par les attentats ?

Alaa Talbi : Non, nous n’avons eu aucune hésitation. L’état de panique a vite été dépassé. La société tunisienne a été présente, en alerte pour défendre les acquis de la Révolution. Nous avons aussi été entourés de militants du monde entier qui ont témoigné immédiatement leur solidarité. En soutenant notre initiative, ils accompagnent le processus démocratique en Tunisie.

Les attentats ont-ils eu une incidence sur les participations ?

A.T. : Il n’y a eu quasiment aucune annulation. C’est important de le souligner. Au total, on estime que 60000 à 70000 personnes devraient participer au forum. La mobilisation internationale est énorme. On a pu le voir pendant la marche et sur le campus universitaire qui accueille l’événement.

Quelles ont été les conséquences des attentats sur le dispositif de sécurité ?

A.T. : Le gouvernement a édicté des consignes de sécurité. Il nous a imposé que la marche soit terminée avant que la nuit ne tombe, par exemple, pour limiter les risques. De très nombreuses fouilles sont organisées, que ce soit à l’entrée ou au sein même du campus. C’est à ses conditions que le Forum social mondial a pu se tenir. Il faut rester en alerte. Des incidents ont ainsi eu lieu entre certains participants, en marge de la marche.

Quel bilan dressez-vous de l’ouverture du Forum ?

A.T. : C’est un bon début. Le Forum permet de donner de l’ampleur aux actions de la société civile tunisienne mais aussi de créer des débats. Il porte le message que d’autres alternatives existent. Il faut donc pouvoir les discuter. Chose très importante dans une société telle que la nôtre, aux institutions politiques fragiles et à la démocratie récente. Le Forum social mondial est une preuve que la lutte pacifique peut trouver une fin heureuse à travers la démocratie. La lutte armée n’est pas la solution, surtout dans la région.

  
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